Photo Le gardien des ruines
Le gardien des ruines
Nikon d5500 + Nikkor 70-300mm
Saint-Omer, France
2018
Photoshop, Illustrator, InDesign Posca, encre de chine, aquarelles, papier mache

Le Gardien des Ruines est un projet que j'ai mené pendant plusieurs semaines entre février et juin 2018. Le but était de créer un conte ou une légende, en se basant sur un lieu et en entremélant éléments réels et fictifs.

 

Je suis pour ma part partis de la statue de Suger, située devant les ruines de l'Abbaye Saint-Bertin, à Saint-Omer. J'ai inventée une histoire purement fictive au personnage, tout en intégrant de nombreux faits historiques et datés de l'histoire de Saint-Omer.

Saint Omer, 2018.

 

Suger surveille toujours les ruines Saint Bertin. Il est là depuis près d'un millénaire. En 1147, alors que le Roi de France Louis VII part pour la deuxième croisade, Suger devient régent de la France. On lui confère les symboles royaux, qu'il a toujours sur lui depuis. Le géant de 4,50m détient la main de justice et la couronne royale. A son retour en 1149, Louis VII le proclame "Père de la Patrie".

 

Ce que l'histoire ne raconte pas, c'est le vrai motif de la croisade et le rôle de Suger. Le roi Louis VII était en fait partie pour la Terre Sainte, non pas pour récupérer le tombeau du Christ mais plutôt pour défendre et mettre en lieu sûr des écrits apocryphes. Lorsqu'il rentra en France en 1149 et qu'il proclama Suger "Père de la Patrie", c’était une manière déguisée de lui confier une mission primordiale. Suger devait se cacher, ou du moins cacher les apocryphes de ceux qui voudraient s'en emparer. C'est ainsi qu'il rejoignit la petite ville de Saint Omer.

 

Suger cachât d'abord les précieux textes dans une église du haut de la ville. C'est cette église même qui sera incendiée par l'ordre des ... qui cherchaient à récupérer les écrits. On commença alors à reconstruire le chœur, le déambulatoire et les chapelles rayonnantes, puis en 1263, on construisit le transept. Les travaux ont avancé lentement et s'échelonnent du XIIIe au XVIe siècle. Bientôt l'église devint collégiale. Suger, continuait de remplir sa mission, traversant les âges. Il pouvait aisément se cacher dans les catacombes de la ville, avec ses livres. Il continuait de prendre soin du bâtiment où il s'était réfugié, et qui devenait de plus en plus important et imprenable au fil des siècles. En 1559 fut fondé le diocèse de Saint-Omer et la collégiale Notre-Dame devint cathédrale en 1561.

 

En 1677, le Roi Soleil lui rendit visite pour confirmer que Suger était toujours en possession du trésor qu'il lui fut confié. C'est seulement en 1789, lorsque le peuple français se rebella que Suger prit peur. Il se réfugie dans l'abbaye Saint Bertin, en contrebas. Cette même année, l’abbaye devient bien national à la suite du décret du 2 novembre 1789 de l'Assemblée constituante qui met les biens de l’Église à la disposition de la Nation. Suger prend alors les choses en main. Sous couvert de l'anonymat, il fait expulser les moines de l'abbaye le 15 août 1791. En 1792, les bâtiments conventuels sont vendus. Le 3 octobre 1792, les cloches de l’abbatiale sont brisées. En 1799, l'église abbatiale est vendue à des particuliers qui l'abandonnent. Suger agissait en fait dans l'ombre de tous ces évènements.

 

Maintenant que l'abbaye était abandonnée, il pouvait y rester sans crainte. Ayant été laissée à l'abandon, l'édifice commence à tomber en ruines. En 1811, la ville de Saint-Omer devient propriétaire des ruines de l'abbaye et demande sa destruction en 1830. Suger, qui jouait toujours ses points fit en sorte que le clocher subsiste, car c'est sous celui-ci qu'il gardait son trésor. Un contrefort est même édifié pour consolider le clocher. Cependant, cela attire l'attention des ... . En 1944, l'ordre organise des fouilles de l'abbaye qui permettent de mettre à jour de nombreuses sépultures des abbés mais aucune trace des textes apocryphes. Suger gardait toujours un coup d'avance.

 

Pendant la seconde guerre mondiale, l'ordre ... ordonna le bombardement de la ville, dans l'espoir de détruire les écrits, à défaut de mettre la main dessus. Mais l'abbaye tint bon. Ce n'est qu'en 1947 que le haut du clocher s'effondra. Mais la crypte resta intacte, inaccessible. Suger s'installa devant les ruines, qu'il continue de surveiller aujourd’hui.

 

Mais l’ordre commence à refaire surface. Depuis quelques dizaines d’années, il prépare son grand retour, plus puissant que jamais. Suger est contraint de réveiller ses disciples de pierre, répartis dans toute la ville. L’armée de l’ordre, elle, est plus importante et commence déjà à envahir la ville. Les sbires de l’ordre sont capables d’utiliser les portails spatiaux-temporels qui truffent la cité. Il en arrive de partout. Ils se rassemblent jusqu’au jour tant redouté de l’assaut final.

Une fois la nouvelle écrite, il fallait l'illustrer en mélangeant toujours réel et fictif, photographies réelles, montages imaginaires, dessins et bien d'autres.

 

J'ai d'abord commencé par me rendre aux ruines, puor photographier Suger sous plusieurs angles. Il me fallait ensuite trouver plusieurs lieux pour créer des portails ou intégrer mes personnages.

Une fois toutes la prise de vue terminée, j'ai commencé le travail numérique puis manuel. J'ai commencé par la couverture avec Suger menaçant, un éclair au bout de son sceptre.

J'ai utilisé une image provenant du site Unsplash, prise par @brenomachado.

Après la couverture, j'ai réalisé Veilleur de nuit en plusieurs étapes. La première était sur Photoshop, J'ai créé une image où Suger semblait se tenir droit, dos au spectateur comme si il voulait le protéger. il se trouve entre le spectateur et un cercle lumienux dans la brume, portail utilisé par l'ordre de Denver. Pour ce faire, j'ai utilisé une photo d'éclipse provenant du site Unsplash, prise par @fortheking et une photo de nuages prise par @schlackneethling.

Après ce montage, j'ai redessiné la scène en mélengeant plusieurs techniques comme les Poscas, les aquarelles, les feutres à l'alcool ou l'encre de Chine.

Il me fallait maintenant représenter concretement la menace des sbires. J'ai commencer quelques recherches mais j'ai vite voulu leur donner une apparence humaine tout en les déshumanisant. J'ai donc décider de leur retirer leur visage et des les remplacer par un cube éclairé de l'intérieur. J'ai ensuite réalisé la maquette d'un Sbire que j'ai prise en photo in situ.

J'ai ensuite voulu représenter un portail. Il me fallait donc une porte, ouverte de préférence, avec un aperçu de ce qu'il se trouvait derrière. J'ai donc utilisé les arches des ruines Saint Bertin et incrusté des images d'éclairs et de l'espace sur Photoshop pour créer Portails.

 

 

J'ai utilisé plusieurs photos provenant du site Unsplash, prise par @derekthomson, @jorgerojas, @schlackneethling et @nasa.

Pour terminer, j'ai finalement designé quelques logos sur Illustrator pour illustrer l'édition finale.

J'ai ensuite mis l'ensemble en page sur InDesign pour créer l'édition finale.

© Remi Muller 2017

Le gardien des ruines
Le gardien des ruines
Nikon d5500 + Nikkor 70-300mm
Saint-Omer, France
2018
Photoshop, Illustrator, InDesign Posca, encre de chine, aquarelles, papier mache